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Alabama Monroe: critique

Blue Valentine

Le cinéma belge va-t-il pouvoir se renouveler en sortant de l’influence du cinéma social des frères Dardenne? Apparemment Felix Van Groeningen fait partie des talents les plus prometteurs, se démarquant sans peine de l’ombre impressionnante des frangins. Après la Mertitude des choses, il propose de nous narrer une histoire d’amour et sa déchéance, de manière parallèle, afin que les moments de déchirement soient compensés par les instants de grâce.

Elise et Didier s’aiment d’un amour fou. Elise est tatoueuse. Son corps tatoué est l’expression de sa vie sentimentale mouvementée et chaotique (belle scène où la géographie de son corps expliquera l’histoire de son coeur). Didier est guitariste dans un groupe de country bluegrass et ne vit que pour la musique et sa fascination pour l’Amérique. Leur couple s’installe dans une vie rêvée, jusqu’au jour où leur fille Maybelle tombe malade… La structure narrative du film rappelle beaucoup celle de Blue Valentine de Derek Cianfrance et de 5×2 de François Ozon, films traitant de la même thématique, voire celle d’Irréversible de Gaspar Noé. Il s’agit de raconter en parallèle les grands moments d’une histoire d’amour, la dégradation inéluctable des sentiments et l’enthousiasme des premiers moments.

Le cœur vibre ainsi à l’unisson de cette musique country bluegrass

Par une direction d’acteurs sans faille (en particulier l’époustouflante Veerle Baetens nous rappelant fortement l’explosive Sara Forestier) et une sensibilité pudique digne de louanges, Felix Van Groeningen nous guide dans les méandres tourmentés de cette histoire d’amour à la fois ordinaire et complètement originale comme toutes les histoires d’amour. A sa sortie de l’hôpital, Maybelle malade sera accueillie par les musiciens par des chansons car en définitive, comme disait Beaumarchais, tout finit par des chansons. Le cœur vibre ainsi à l’unisson de cette musique country bluegrass qui accompagne joyeusement tout le film et sera souvent le seul réconfort des protagonistes à travers leurs malheurs, nous faisant comprendre que de toute façon le spectacle doit continuer et que la vie n’est qu’un perpétuel recommencement que l’on doit chaque jour célébrer.

 

Sortie: le 28 août 2013 ; réalisé par Felix Van Groeningen ; avec Johan Heldenbergh, Veerle Baetens, Nell Cattrysse ; genre: drame ; nationalité: belge ; durée: 1h52 ; distribution: Bodega Films/Help distribution.

 

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