Focus

CRAWL : Bestioles aquatiques, panique & cinéma

Sorry not sorry pour cet article qui risque d’entacher les baignades de ceux qui écument les plages et les lacs en ce moment. La sortie de Crawl d’Alexandre Aja nous a donné envie de revenir sur quelques films où les bestioles aquatiques jouent les tueuses. Et puis, avouez, vous aimez bien flipper au ciné l’été entre deux plongées ?


Les Dents de la mer (1975) de Steven Spielberg

Malgré ses 41 ans, le premier blockbuster américain de l’histoire du cinéma n’a pas pris une ride et nous fait toujours autant frémir. La recette ? Un leitmotiv musical obsédant qui personnifie la menace froide du super-prédateur, et des prises de vues en contre-plongée adoptant son point de vue. Des plans subjectifs qui découlent en réalité de la fragilité et du dysfonctionnement des trois faux squales animatroniques conçus pour le film, contraignant le réalisateur à entamer le tournage sans requin. Cela explique aussi le fait que la bête n’apparaisse qu’à la seconde moitié de l’intrigue. Un heureux coup du sort pour un film considéré aujourd’hui encore comme le meilleur long métrage d’épouvante avec un requin tueur en tête d’affiche.


Open Water (2004) de Chris Kentis

Huis clos angoissant, Open Water relate l’histoire d’un couple adepte de plongée sous-marine oublié en plein océan suite à une sortie sur la barrière de corail. Résultat : 80 minutes glaçantes en eaux profondes où la houle donne des sueurs froides. Ce film vaut définitivement le coup d’œil, et pas seulement parce qu’il est inspiré de faits réels, mais parce qu’il a été entièrement réalisé en conditions naturelles et sans effets spéciaux. Un tournage éprouvant pour les deux comédiens qui ont baigné pendant près de 120 heures dans l’eau salée à plus de 10 kilomètres des côtes entourés de véritables requins. Chapeau bas !


Piranha 3D (2010) d’Alexandre Aja

L’intrigue se déroule dans la ville de Lake Victoria, en Arizona, qui s’apprête à accueillir une flopée d’étudiants pour le Spring Break. Au même moment, un tremblement de terre crée une immense faille au fond du lac et libère des centaines de piranhas préhistoriques jusqu’alors coincés dans une grotte sous-marine. Et ces bestioles sont évidemment plus qu’affamées ! Trois cent mille litres de faux-sang furent utilisés lors de la séquence très complexe de l’attaque massive des piranhas sur les étudiants. En résulte un film surfant sur le gore et l’humour qui possède son lot de scènes et de répliques mordantes. 


The Reef (2011) d’Andrew Traucki

Alors qu’un groupe d’amis (et plus si affinités) navigue paisiblement au large de l’Australie, le bateau heurte un récif qui déchire la coque. Pour survivre, la petite bande décide de rejoindre l’île voisine à la nage, sans se douter qu’elle est pourchassée par un grand requin blanc bien décidé à casser la croûte. Malgré un jeu d’acteurs plus que discutable, The Reef a pour lui un réalisme louable et utilise par ailleurs judicieusement le hors-champ pour amplifier la menace du requin (comme dans Les Dents de la mer, le squale n’apparaît que très rarement à l’image). À défaut d’être un chef d’oeuvre (loin de là), le film contient son lot terriblement efficace de suspense.


Crawl (2019) d’Alexandre Aja

Cet été, à défaut de requins, Crawl et sa bande de crocodiles consoleront sans doute les amateurs de films à bestioles aquatiques. S’il n’échappe pas à certaines facilités scénaristiques, force est d’avouer qu’il n’en reste pas moins divertissant. Crawl relate les péripéties de Hayley (Kaya Scodelario) : bien décidée à retrouver son père porté disparu (Barry Pepper), elle ignore les ordres d’évacuation face à un violent ouragan en Floride. Elle le retrouve grièvement blessé dans le sous-sol de la maison familiale. Notre duo va alors faire face à l’inondation progressant rapidement, mais également à de terrifiants crocodiles affamés… On vous garantit deux/trois sursauts sur votre fauteuil, et un soulagement certain après visionnage à l’idée que ces reptiles n’écument pas les côtes françaises… Mais pas grand chose de plus.

Crawl. Un film d’Alexandre Aja. Avec Kaya Scodelario, Barry Pepper, Ross Anderson… Distribution : Paramount Pictures France. Durée : 1h28. Sortie : 24 juillet 2019.
Photo en Une : Les Dents de la Mer© D. R.

Touche-à-tout, Camille a écrit et réalisé plusieurs courts métrages, et tenu différents postes sur des projets courts (première assistante, chef opératrice, cadreuse, scripte, photographe de plateau). Elle officie également en tant que directrice de casting sur des courts et moyens métrages. En parallèle, elle écrit pour Les Ecrans Terribles et Boum! Bang!, photographie compulsivement tout ce qui l’entoure, et voue un culte inexplicable aux ratons laveurs et au groupe The Clash, entres autres.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *