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Dawson Leery est-il un enfoiré ?

À première vue, Dawson n’est pas un fieffé malotru : attentionné, poli, curieux, un ado bien élevé en somme. Bien sous tous rapports, il est le gendre idéal de la middle class américaine. Look de surfeur et tête bien faite : de quoi séduire. Et pourtant… Dawson, tu nous as tant gonflés !

Un rêveur au grand cœur ne devrait pas être bien pénible. Du moins jusqu’à ce que Dawson Leery apparaisse dans nos vies. Le jeune homme est un doux idéaliste. Passionné, sa vie rime avec son envie d’être cinéaste. Il se met donc en retrait de tout, observe, pense et raisonne comme un futur maître de l’image. Dans un rapport quasi-fictionnel aux autres, sa vie devient un spectacle permanent. Ce recul systématique fait de lui quelqu’un de profondément agaçant : à force de jouer de la métaphore, de penser toute action en amont, de la peser, la soupeser, la malaxer même, Dawson fatigue. On revient à la série pour son charme naturel, son ambiance de petite ville paumée et fantasmée. Du fait de l’addiction, on tolère que son petit héros lisse ait ses élucubrations comme d’autres une envie de pisser.

« Whenever I have a problem, all I have to do is look

to the right Spielberg movie and the answer is revealed. »

Dawson Leery – Episode pilote

Mais plus le temps passe, plus le héros de Capeside irrite. Après avoir fait une leçon de morale à sa mère, Dawson, du haut de ses 15 ans, s’empresse d’expliquer la vie à l’un de ses petits camarades. Les monologues philosophico-dawsoniens se suivent et se ressemblent. Pire : dans son délire de chinoiseries incessant, le jeune Leery est constamment dans l’absence. Il parle bien plus qu’il n’agit. C’est comme ça qu’il a certainement laissé filer Joey Potter, promise à son cœur depuis la tendre enfance, dans les bras de son opposé : Pacey. Dommage que Dawson n’ait pas suivi l’exemple de son ami (puis ennemi, puis ami, etc…). Car Pacey, lui, aime se battre pour ce(ux) qu’il aime. Il palabre moins et donne réellement de sa personne. Dawson le gentil a en lui une forme de méchanceté et exprime une violence latente à l’égard de Pacey, qu’il méprise et rabaisse souvent sous couvert d’une amitié biaisée. Niveau « enfoirade» la dynamique de leur duo est éloquente. Mais Dawson, du haut de son immense maturité de lycéen, ne se remet jamais en question. Il feint souvent de le faire pourtant, interrogeant le moindre de ses gestes (ai-je eu raison de t’embrasser Joey, Jen…?), mais ne parvient pas vraiment à s’ouvrir au monde. C’est d’ailleurs un personnage de vieux cinéaste aigri qui lui servira de miroir. Ce qui pend au nez de Dawson s’il ne redresse pas vite la barre : l’amertume.

Alors, oui, Dawson tu nous as épuisé les neurones par moments. Mais si tu es souvent passif dans la série par rapport aux autres, tu restes central dans la dynamique du groupe et du show. D’ailleurs les saisons 5 et 6, où l’on te voit moins, s’essoufflent. Et c’est encore plus énervant pour le spectateur que toi, personnage si peu aimable, tu sois pourtant essentiel pour apprécier totalement la série et y adhérer. Dawson, roi de l’ambivalence, on a adoré te détester toutes ces années…

On ne résiste pas à l’envie de publier ce gif mythique :

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