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Filmothérapie : 52 films qui font du bien

Mécanothérapie, inhalothérapie, cobalthérapie, fangothérapie, mésothérapie…Y aurait-il autant de thérapies que de patients ? La petite nouvelle de l’auteur Philippe Durant, la Filmothérapie, suscite bien des questionnements. Diantre ! Un guide pour aller mieux grâce au cinéma ! Et c’est parti pour un tour d’horizon des plus gros clichés que toute la Terre ait jamais porté (on exagère à peine).

Filmothérapie 2

L’introduction de l’auteur en dit long sur ses intentions. L’introspection ! Maître mot de cet incipit creux : «Il faut savoir partir d’un film pour rentrer en soi. Comme un miroir, le cinéma permet de réfléchir». Sceptiques ? Si l’on concède au cinéma une caisse de résonance indéniable, on a tout de même du mal à adhérer au discours suivant : «Les films servent de guide. Ils nous tiennent par la main pour nous amener dans une direction qui nous sera bénéfique». OK charlatan, c’est parti pour une séance façon coach de vie en 52 films.

Les maux sont variés et il y en a pour tous les goûts. Un problème/un film : vaste dialectique. Dans le chapitre «Enfants et famille», on trouvera par exemple la catégorie «Comment aider un enfant à accepter sa différence ?» avec l’exemple de Shrek ou encore «Comment admettre le départ d’un enfant ?» avec Mamma Mia. Notez au passage que les choix des films sont peu discutables.

Nul besoin d’un doctorat ès scénario pour dénouer les thématiques de ces films. Et l’on ne sait plus trop si l’on doit ranger le livre dans le rayon cinéma ou dans la section bien-être d’une mauvaise librairie ésotérique. Mais continuons dans notre introspection. Dans le douteux chapitre «Après-vie/Deuil», arrêtons-nous sur cette problématique : «Comment dominer la disparition d’un être cher ? » (Bon ; on domine un chien ou un comparse à la rigueur, mais dominer une disparition… Passons.). Donc on vient de perdre Tata Paulette ou Tonton Jean et on se dit tiens ; «Regardons donc dans la Filmothérapie pour dominer la disparition de notre être cher». OK gratte-papier, tu nous as cerné, c’est parti pour Ghost. Alors là, si tu ne domines pas après une séance de Ghost, il n’y a plus grand chose à faire pour toi. T’es bon pour noyer ton chagrin dans l’alcool ad vitam aeternam. «Il n’existe aucune recette [pour faire son deuil]. Simplement des conseils. Et des films. Des films qui ne combleront pas le chagrin mais qui aideront à admettre, accepter, mieux comprendre».

Bon, pour les conseils on repassera hein, l’auteur se limitant à te dévoiler quasiment tout le film. Et c’est ainsi pour tous les films cités. D’où le sobriquet de gratte-papier. Ben oui, c’est bien beau d’avoir une idée de génie, de vouloir révolutionner la psychanalyse, encore faut-il pouvoir les remplir les 230 pages. Alors merci d’avoir pris le temps de résumer 52 films. Car oui, c’est du boulot de ne pas passer à côté d’un détail important !

Pour ne pas spolier les autres catégories, on arrêtera là l’introspection de l’ouvrage. Remarquez que le creux intersidéral de la démarche de l’auteur serait certainement plus digne d’un comptoir et de sa psychologie de bas étage que de tant de feuilles gâchées pour un livre qu’on oubliera très vite même lorsque l’on souhaite savoir «Comment combattre ses préjugés» ?

Filmothérapie: 52 films qui font du bien, de Philippe Durant; éditions Guide Favre

 

 

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