Films

Mr Foster : critique

comment bien parler d’architecture au cinema ?
« Filmer l’architecture est très compliqué », affirme Norberto Lopez Amado, l’un des deux réalisateurs du documentaire. Le défi était en effet de taille : faire vivre à l’écran les constructions high-tech de Norman Foster, l’un des plus grands architectes de notre époque. Un défi relevé avec succès. Comment parler d’architecture au cinéma ? Réponse en quatre points. 1. Choisir une personnalité exceptionnelle

Rien ne destinait Norman Foster à devenir architecte. Né en 1935 dans une famille modeste de Manchester, il arrête l’école à seize ans et effectue son service militaire dans la Royal Air Force. Il n’y a qu’une chose qui le passionne p
lus que les avions : c’est l’architecture. Il s’inscrit donc à l’université de Manchester et travaille à la mairie pour financer ses études. Une fois diplômé, il s’envole pour les Etats-Unis et achève son cursus à Yale. C’est en Amérique qu’il fonde son premier cabinet et que débute son exceptionnelle ascension professionnelle.
 
Aujourd’hui, Norman Foster est à la tête d’un des plus grands cabinets d’architecture du monde. Son travail est universellement reconnu. « Tout m’inspire, déclare-t-il. Parfois, je crois voir des choses que les autres ne voient pas. » A 76 ans, Norman Foster est avant tout un homme passionné, guidé par une vision claire de son métier, qui parle de son œuvre avec des mots simples et précis. Un homme qui ne se déplace jamais sans un de ses carnets noirs, sur lequel il dessine à la diable des projets lumineux. Quand il n’est pas en train de participer pas à des marathons de ski de fond…
2. Parler techniquement mais simplement
“How much does your building weigh ?” Cette question, qui sert de sous-titre au film, fut un jour posée à Norman Foster. L’architecte chercha la réponse, et s’aperçut que le poids de sa dernière construction était mal utilisé. Il remit son travail en question et de nouvelles perspectives s’ouvrirent. Cette anecdote illustre le ton du film, et montre que l’on peut parler avec simplicité et clarté d’un art complexe, sans effrayer les novices en architecture. Les propos des différents intervenants (parmi lesquels Anish Kapoor, Richard Serra, Bono…) s’inscrivent dans cette lignée, de même que la voix off de l’écrivain Deyan Sudjic, dont le texte très travaillé, précis dans son approche biographique, apporte une réelle valeur poétique à l’ambiance de ce documentaire.
 
3. Laisser la parole aux images

Beaucoup de constructions réalisées par Norman Foster sont célèbres : le Swiss Re Building de Londres, le dôme du Palais du Reichstag à Berlin, la tour HSBC de Hong-Kong, le Millenium Bridge… D’autres bâtiments le sont moins, mais ne manquent pas d’intérêt, tels la Hearst Tower à Manhattan ou le Clyde Auditorium de Glasgow. En France, on doit notamment à Norman Foster le Carré d’Art de Nîmes et bien sûr le Viaduc de Millau. Voici l’un des atouts du film : les images des œuvres sont nombreuses, variées, souvent très belles. D’un continent à l’autre, étirée sur plus de cinquante ans de carrière, se dévoile la vision de Norman Foster. Une vision moderne, originale, audacieuse et cohérente : celle de l’architecture high-tech.
 
4. Ouvrir des perspectives modernes

Masdar est une ville nouvelle située aux Emirats Arabes Unis. Imaginée par Norman Foster, cette « écoville » est en construction depuis 2008 et devrait compter 50 000 habitants en 2020. Rues étroites pour préserver la fraîcheur, transports électriques souterrains, énergie solaire… Tout sera fait pour économiser les ressources et préparer l’avenir écologique de la planète. Un projet extraordinairement coûteux (15 milliards de dollars !), mais qui a le mérite d’associer l’inventivité d’un architecte qui n’a pas froid aux yeux à l’urgence écologique de notre époque. Norman Foster conclut en s’interrogeant : « Pourquoi n’y a-t-il pas vingt Masdar dans le monde ? » …
 
How much does your building weigh, Mr. Foster ? Sortie en salles le 16 mai 2012 ; Réalisateurs : Norberto Lopez Amado et Carlos Carcas ; Productrice : Elena Ochoa ; Année de production : 2010 ; Scénario et Voix off : Deyan Sudjic ; Durée : 1h18.
 

Floyd est certes un joueur de jeux vidéos mais aussi un grand amateur de cinéma et de tout ce qui l’entoure, de la musique à la politique. Après des années passées à écrire sur des films, il s’adonne sur Clap Mag à écrire sur les jeux, sous pseudo, car il sait qu’il réagira comme les héros de « Jay & Silent Bob Strikes Back » si des forumeurs l’insultent sous son vrai nom. Autrement dit il les traquerait, les retrouverait et leur ferait payer chacune de leurs insultes. C’est pourquoi vous n’en saurez pas plus sur lui.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *