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Le Bon Gros Géant : Le rêve est à quelques (grands) pas

Regarder le monde avec des yeux d’enfant. Voilà l’invitation que nous fait Spielberg, cet été, avec Le Bon Gros Géant, adapté du roman de Roald Dahl, maître indétrônable de la littérature jeunesse. Voyage dans un pays extraordinaire où les rêves se fabriquent en cachette.

Mary Poppins, en son temps, invitait les enfants à bondir dans l’aquarelle pour découvrir l’au-delà du réel. BFG (« Big Fat Giant »), lui, entraîne la jeune Sophie à sauter à grands pas jusqu’à son monde secret, dont les petits humains ignorent l’existence. C’est que cette créature dégingandée ne doit pas se révéler aux yeux des hommes, pour continuer de leur souffler en douce des rêves à l’oreille avec ses petites fioles à la brume colorée. Alors BFG joue les King Kong et bondit par monts et par vaux, avec l’orpheline trop curieuse et un brin téméraire au bout de son grand bras mou. Un kidnapping, certes, mais une belle aventure aussi pour Sophie, qui découvre un monde merveilleux, si loin, si proche. Dans l’univers de Roald Dahl, la petite héroïne aux cheveux courts et à la chemise de nuit à volants pourrait être la petite sœur de Matilda, les super-neurones en moins. Dans le monde de Spielberg, elle devient une lointaine cousine de Gertie, la petite sœur d’Elliott aux traits mutins (Drew Barrymore à son meilleur). D’ailleurs, BFG est un peu l’E.T. de Sophie : un être au physique improbable, craintif à l’idée d’être découvert par les humains, et surtout par les grandes personnes et leurs esprits étroits qui mettent les êtres atypiques et les créatures inconnues dans des cages ou des labos. Parce que la différence effraie les humains, bouleverse leur monde de règles et de lois, bouscule leur rapport au réel. (…)

Libérer les mots, libérer les corps (attention aux effets secondaires de la frétibulle), libérer le regard sur le monde. Voilà la mission de ce monstre gentil, jusqu’au palais de Buckingham et au-delà. Renouer avec l’innocence et la naïveté pour mieux voir le monde et ses recoins secrets, sa richesse, sa diversité. Voilà la mission de Spielberg avec ce film estival, opus mineur à la douceur farfelue.

Retrouvez cet article dans son intégralité dans les pages de Clap! #10

Le Bon Gros Géant. Réalisé par Steven Spielberg. Ecrit par Melissa Mathison d’après l’œuvre de Roal Dahl. Avce : Mark Rylance, Ruby Barnhill, Penelope Wilton… Durée : 1h57. Sortie en salles : 20 juillet 2016.

Carole Milleliri

À dix ans, Carole est sûre d’une seule chose : l’unique endroit où elle se sent bien, c’est dans une salle de cinéma. Peu après, elle tombe aussi dans le bain des séries avec The X-Files, puis plonge littéralement avec Buffy The Vampire Slayer. Aujourd’hui, elle partage son temps entre enseignement, critique, programmation et écriture de scénarios.

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