Deauville 2012

RENCONTRE AVEC PAUL DANO


Venu présenter For Ellen, l’acteur, qui a le vent en poupe puisqu’il est également à l’affiche de Elle s’appelle Ruby – s’est confié à Clap! sur ses choix de rôles et son goût pour le rock’n’roll.

Première fois ici à Deauville ? Comment vous-sentez vous ? Nerveux ?

Paul Dano : Oui, c’est en effet mon premier passage au festival. Nerveux, on ne peut pas dire que je le sois véritablement. Je suis surtout très excité à l’idée d’être là, en France, et de pouvoir présenter For Ellen dans ce magnifique grand théâtre (ndlr : Le CID) qui est mis à notre disposition. Un son parfait, un écran gigantesque. Des conditions de rêve.

Vous êtes à l’affiche de deux films For Ellen et Elle s’appelle Ruby. C’est l’année Dano à Deauville. Grosse responsabilité…

Paul Dano : C’est vrai que je suis choyé. Bon peut-être un peu nerveux oui, je l’avoue. C’est toujours un moment fort que de partager un film avec le public, d’écouter ses réactions, de savoir s’il aime ou pas le travail accompli. Mais je préfère ne pas trop y penser et juste profiter de mes instants ici.

On a pour habitude de vous voir interpréter les rôles de « fiston » au cinéma. Dans For Ellen, So Yong Kim fait de vous un père. Comment avez-vous travaillé ce personnage ?

Paul Dano : Ce n’est pas vraiment le côté « papa » du personnage qui m’a donné envie de me jeter dans le rôle. Je n’ai pas voulu l’aborder comme cela. C’est plutôt l’inscription de ce personnage dans le monde qui m’a interrogé. C’est un mec paumé, inconscient, qui met les filles en enceinte, passe sa vie sur les routes (c’est un musicien), fait ce qu’il peut pour trouver du fric. Il est incroyablement égoïste. Disons-le c’est un connard ! Complètement narcissique, considérant à peine les autres. Il est très refermé sur lui même.

Vous l’avez ressenti dès la lecture du scénario ?

Paul Dano : Tout à fait. Ce que j’ai aimé à propos du scénario c’est le trajet de ce personnage qui soudainement, parce qu’il divorce, veut réintégrer le champ familial, devenir plus présent, surtout avec l’enfant.

Parlez-moi du travail avec So Yong Kim. Quelle genre de metteur en scène est-elle ? Directive ? Souple ? Ouverte ?

Paul Dano : La réalisatrice est également l’auteur du scénario alors c’est vrai que j’avais déjà beaucoup de matière, d’indications quant à la direction d’acteur dans le scénario lui-même. Avec So Yong Kim nous marchions et parlions beaucoup. Elle m’a fait confiance pendant le tournage.

Comment choisissez-vous vos rôles ?

Paul Dano : Tout part d’un bon scénario. Si le scénario me plait alors je fonce. J’ai besoin d’être surpris pour me jeter dans un rôle. Et puis le nom du réalisateur compte énormément. Peu importe qu’il s’agisse du rôle principal ou d’une composition plus mineure, si le scénario et le metteur en scène m’attirent, c’est dans la poche.

Vous avez du avoir sacrement froid pendant le tournage. Cette façon d’installer la neige et la glace partout, est-ce une manière de témoigner de la fragilité du personnage et de son lien avec le monde ? Montrer la froideur de ses relations ?

Paul Dano : Oui c’est ce que j’ai ressenti aussi. L’atmosphère dans For Ellen est en effet figurative. Elle diffuse ces étranges émotions dans lequel le personnage se complaît.

 

Beaucoup des films de cette compétition mettent en avant les difficultés des relations avec les autres, la perte du contact. Avez-vous eu l’occasion de jeter un oeil sur le travail de vos concurrents ?

Paul Dano : Vous pensez qu’il y a un thème qui lie la compétition ? Pourquoi pas. L’idée me plaît. Je n’ai malheureusement pas encore pu voir de films pour le moment. Mais ce que vous dites m’intrigue alors j’irai bien jeter un oeil… C’est vrai que la communication est un des sujets majeurs de nos vie, donc pas étonnant qu’elle soit interrogée à travers les films. Bon point !

Comment devons-nous interpréter la scène finale ? Elle est très abstraite…

Paul Dano : Je pense qu’elle est ouverte. C’est au spectateur de se faire son opinion. Jody va-t-il changer ? Recommencer une nouvelle vie ? Vous qu’en pensez-vous ?

J’imagine qu’il va reproduire les mêmes schémas. Jody ne semble pas avoir beaucoup de recul sur lui-même.

Paul Dano : Touché ! Je ne vous dirai pas ce que moi j’en pense, mais vous n’êtes pas loin de ma version de l’histoire de Jody.

C’est un personnage que vous avez pris plaisir à jouer ?

Paul Dano : Je l’ai tout de suite apprécié. Son énergie, ses fringues, ses bagues, des cheveux sales, etc. Je me suis beaucoup amusé. C’était un défi, certainement que de me mettre dans la peau de ce chanteur déglingué. Et puis j’ai aimé travailler avec la très jeune comédienne qui joue Ellen. Les enfants vous obligent toujours à rester honnête. On a l’occasion d’improviser un peu avec eux.

Si un jour le cinéma vous ennuie, ça vous dit qu’on monte un groupe de rock ensemble ? On vous entend chanter dans For Ellen et vous avez un joli brin de voix…

Paul Dano : Pourquoi pas ! J’ai été guitariste dans ma tendre jeunesse, j’avais un groupe de rock. C’était cool. Mais je ne sais pas si je chante vraiment bien. Je continue encore de jouer avec quelques potes, pour le fun. Ce qu’on fait ne ressemble en aucun point à la musique de Joby !

Propos recueillis par Ava Cahen

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *