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Shining : classique immortel

 

Le Festival Ciné-Rebelle vous invite à une session de rattrapage le samedi 24 mars 2018 au cinéma Les Lumières (Nanterre). Une opportunité pour (re)découvrir Shining sur grand écran. Frissons garantis !

Réalisé en 1980 par Stanley Kubrick d’après un roman de Stephen King, Shining est considéré aujourd’hui comme un classique de l’horreur. Alors qu’aujourd’hui les films d’horreur tel que Conjuring inondent le cinéma, il est temps de revenir à l’un des piliers fondamentaux de ce genre, un film qui traverse les générations et reste encore aujourd’hui une source d’inspiration pour une nouvelle génération de réalisateurs.

Stanley Kubrick a toujours été en décalage avec son temps. Parfois en avance comme pour 2001, L’Odyssée de l’espace, qui traitait déjà de la peur de l’intelligence artificielle en 1968. Mais aussi en retard comme Full Metal Jacket qui aborde le thème de la guerre du Vietnam 10 après tout le monde. Pour Shining, qui s’inspire de pléthore d’anciens films noirs et d’horreur des années 1960, Kubrick reçoit un accueil glacial alors qu’il sort de l’échec commercial de Barry Lyndon. Stephen King renie le film qu’il juge trop loin de son œuvre. Cependant, avec le temps, sa côte de popularité monte jusqu’à faire de Shining le classique qu’il est aujourd’hui. Le temps a permis de faire oublier les dires de l’écrivain et le contexte dans lequel Shining sortait pour ne laisser que le contenu purement cinématographique.

Quelque peu à contre-courant de son époque – le slasher étant à la mode notamment grâce à la sortie de Halloween de Carpenter -, Kubrick offre un film à suspense dont l’ambiance est ce qui maintient le spectateur sous tension. En plus de proposer un des films d’épouvante les plus marquants de tous les temps, il arrive à lier cela avec une excellente intrigue qui joue sur plusieurs registres de peur : une peur physique chez le spectateur avec des pures moment d’angoisse et de sursauts, mais aussi une peur psychologique générée par des personnages qui évoluent d’une façon terrible.  C’est ici que l’on capte la force de Shining. Cette force, c’est celle de mélanger magnifiquement plusieurs genres pour créer un film unique, qui emprunte aussi bien au thriller qu’à l’horreur pure.

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Danny, l’enfant-lumière, un personnage lunaire

Le réalisateur quadruplement oscarisé fait jouer Jack Nicholson, soit un véritable expert des rôles de fous. L’acteur récompensé en 1976 pour Vol au-dessus d’un nid de coucou par l’Académie délivre ici une de ses toutes meilleures performances. La réussite du film doit aussi beaucoup à Shelley Duvall qui joue le rôle de Wendy, véritablement effrayée par Nicholson. On peut aussi compter sur Danny Lloyd qui interprète le rôle du fils et nous prouve qu’être un enfant et savoir jouer avec une maturité exceptionnelle est  possible au cinéma.

Ce qui fait également la force de Shining, c’est cette science du détail signifiant que possède Kubrick. Bien des éléments ont été changés par rapport au livre et nombreuses sont les théories qui sont nées à partir de ses choix de mise en scène, comme le fait de jouer sur les motifs du tapis pour leur donner une forme d’octogone ou de faire porter à Danny un pull avec une fusée estampillé “Apollo 11”. En seulement deux détails naissent alors des théories sur la NASA et sur Kubrick. La rumeur court même que le cinéaste aurait tourné un faux alunissage à la demande des Américains. Ce qui ferait des premiers pas de l’homme sur la lune un canular. Au-delà des anecdotes qui font le mythe kubrickien, la réalisation sophistiquée de Shining permet de toujours trouver encore et toujours un intérêt à ce film, dont l’aura réside dans ces petits détails que le réalisateur dissémine à l’attention d’un spectateur minutieux et avide de précisions.

Shining s’est imposé avec le temps comme une œuvre légendaire. Son réalisateur Stanley Kubrick a su une fois de plus imposer sa maîtrise de la réalisation. Rien est laissé au hasard. En plus d’être l’une des meilleures adaptations d’un livre de Stephen King, c’est aussi l’un des meilleurs films de tous les temps.

-Henri Merle et Arnaud Raboulin (étudiants programmateurs Festival Ciné-Rebelle 2018)

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