Films

Stand clear of the closing doors: critique

L’autisme à l’épreuve de l’homme

Au Festival de Deauville 2012, Michel Gondry nous entraînait dans un trajet de bus dans le quartier de Brooklyn, avec son The We and the I intimiste et plein de vie, bouffée d’air frais et feel good movie. La sélection du festival normand nous propose cette année un voyage en métro à New-York, dans les pas de Ricky, jeune collégien autiste, fugueur sans réellement s’en rendre compte.

Le réalisateur parvient à nous captiver pendant 1H40 avec cette histoire minimaliste, sorte de pendant sous terre à All is lost, lui aussi en compétition. Car si Robert Redford tente de survivre en milieu hostile, au milieu de l’océan, c’est également bel et bien le cas du jeune Ricky, bien qu’entouré par des milliers d’usagers du métro new-yorkais. Enfermé dans sa bulle, il suit un quidam au blouson intrigant et se perd dans les couloirs souterrains de Big Apple, absolument incapable de prendre conscience de ce qui l’entoure, d’autant plus qu’il ne sait pas gérer ses fonctions vitales (il ne se nourrit qu’après de nombreuses heures et finit par s’uriner dessus). Il devient dès lors la proie d’une faune particulièrement retors: l’espèce humaine. Et s’il croise bien un abruti qui lui déverse une bouteille sur la tête (mais stoppé net par un copain gêné aux entournures), et un vendeur pas vraiment compréhensif, c’est la solidarité qui l’emporte, avec notamment un SDF qui tend au jeune garçon une banane.

Tandis que Ricky ne se soucie finalement de pas grand chose, c’est surtout à l’extérieur que se met en branle une solidarité poussée chez un peuple meurtri par le 11 septembre et menacé à ce moment précis par l’ouragan Sandy s’approchant dangereusement des côtes: la mère du garçon, habitant du quartier défavorisé du Queens, femme de ménage bien loin des préoccupations de ses employeurs (des bobos voulant absolument des produits bio…) trouve secours auprès d’une propriétaire de boutique de chaussures de sport (qui a attiré les requins de la finance dès l’arrivée des premiers bénéfices), de flics engagés et d’un mari aux abonnés absents depuis longtemps mais de retour pour aider sa famille. La mise en scène fonctionnelle et sobre sert un film lumineux et plein d’espoir dans une sélection portée pour beaucoup sur la violence. Stand clear of the closing doors pourrait bien figurer au palmarès.

 

Stand clear of the closing doors. Film américain de Sam Fleischner, avec Andrea Suarez Paz, Jesus Sanchez-Velez. Festival de Deauville 2013: en compétition. Pas de date de sortie annoncée. Durée: 1H42.

Sébastien Normand

Si Sébastien s’accommode tant que bien que mal de Facebook, il se méfie à mort de touitteure, copindavent, linquedine, maillespace et de (sky)net en général et se trouve fort marri face a cette rubrique de présentation. Rebelle? Gros con? Petit con? Parano? On ne le saura jamais.

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