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T2 Trainspotting : Nostalgie quand tu nous tiens

Vingt ans après la sortie du cultissime Trainspotting, Danny Boyle remet le couvert en adaptant (très) librement le roman Porno d’Irvine Welsch (publié en 2002), suite directe de Trainspotting où nous retrouvons Renton et ses acolytes dix ans plus tard. Si l’appréhension est de mise, force et d’avouer que le réalisateur ne s’en sort pas si mal avec ce second chapitre, prenant le spectateur par les sentiments. Nostalgie, quand tu nous tiens.

D’abord, une bonne occasion s’est présentée. Puis vint la trahison. Vingt ans plus tard, certaines choses ont changé, d’autres non. Mark Renton (Ewan McGregor) est de retour dans son Edimbourg natal, le seul endroit qu’il ait jamais considéré comme son foyer. Spud (Ewen Bremner), Sick Boy (Jonny Lee Miller) et Begbie (Robert Carlyle) l’attendent. Mais d’autres vieilles connaissances le guettent elles aussi : la tristesse, le deuil, la joie, la vengeance, la haine, l’amitié, le désir, la peur, les regrets, l’héroïne, l’autodestruction, le danger et la mort. Toutes sont là pour l’accueillir, prêtes à entrer dans la danse…

Il y a vingt-et-un ans sortait sur nos écrans Trainspotting, deuxième long métrage de Boyle qui mettait en vedette le jeune Ewan McGregor (encore peu connu à l’époque). En relatant les frasques de jeunes écossais héroïnomanes, sur une bande son démentielle et une mise en scène imaginative et punchy, le réalisateur fait battre le cœur de toute une génération. Mythique, culte, le film l’est devenu et l’est encore aujourd’hui. L’annonce d’une suite a divisé les inconditionnels du film en clans distincts, les « après tout, pourquoi pas » et ceux qui crient par avance au navet – car comment égaler le premier volet ? Ce second chapitre est en effet un défi de taille, et (très) risqué, pour le réalisateur. Par avance, sachez que T2 Trainspotting n’est pas une adaptation fidèle du roman Porno de Welsch, aux risques d’en fâcher certains. Le film ne reprend pas la trame principale du livre. L’action même se déroule par ailleurs vingt ans plus tard, et non dix comme dans Porno. Malgré cela, Danny Boyle ne s’en sort pas si mal. Si, si, juré !

© 2017 Sony Pictures Releasing GmbH.

Alors oui, Boyle a du faire preuve de malice et choisit de réveiller habilement la nostalgie du spectateur accro à  Trainspotting. Les clins d’œil à ce dernier sont en effet nombreux, qu’il s’agisse de citations, de flash-back ou encore de la bande originale (remixée pour l’occasion). Malgré quelques longueurs et des pistes scénaristiques intéressantes oubliées en cours de route, comme la construction d’un « sauna » par nos compères, le réalisateur réussit son coup. Pour ceux qui n’auraient pas vu le film de 1996, T2 Trainspotting n’aura à coup sûr pas tout à fait la même saveur. Même si Boyle prend soin de ne pas laisser les « novices » en bordure de route grâce à la présence de Veronika, personnage féminin clé permettant de faire le pont, et le point, entre le passé et le présent de la bande. Pour les autres, le plaisir de retrouver Renton, Spud, Sick Boy et Begbie surpassera les quelques fausses notes du film. Et rassurez-vous, T2 Trainspotting ne ressasse pas simplement le passé des personnages. Il contient son lot d’enjeux dramatiques, bien dissimulés sous ce qui pourrait s’apparenter à une simple comédie trash à l’accent écossais. Plus alarmiste que son prédécesseur, le film évoque également les notions d’opportunisme, du temps qui passe ou encore de l’amitié.

À défaut de ne pas être un chef d’œuvre à la hauteur de Trainspotting, ce second volet est cependant un véritable moment de plaisir. Comme McGregor et les autres, Boyle a fait son chemin depuis 1996 et livre une comédie noire prenante, servie par un montage toujours aussi énergique et une bande originale à tomber (The Clash, Queen, Young Fathers, Wolf Alice ou encore le fameux Lust for Life d’Iggy Pop remixé par The Prodigy). Une madeleine « sous héroïne » à déguster avec beaucoup de nostalgie.

Réalisé par Danny Boyle. Avec Ewan McGregor, Jonny Lee Miller, Ewen Bremner… Angleterre. 1h57. Genre : Comédie dramatique. Distributeur : Sony Pictures Releasing France. Sortie le 1 mars 2017.

Crédits Photo : © Sony Pictures Releasing France.

Camille Griner

Touche-à-tout, Camille a écrit et réalisé plusieurs courts métrages, et tenu différents postes sur des projets courts (première assistante, chef opératrice, cadreuse, scripte, photographe de plateau). Elle officie également en tant que directrice de casting sur des courts et moyens métrages. En parallèle, elle écrit pour Les Ecrans Terribles et Boum! Bang!, photographie compulsivement tout ce qui l’entoure, et voue un culte inexplicable aux ratons laveurs, aux Clash et à la chèvre Djali dans "Le Bossu de Notre Dame", entres autres.

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