Notre Année 2021

Nicolas Levacher : Cinéphile entre mes murs ou le triomphe du virus scopique

En 2021, j’ai gardé le cap ! Ce n’est pas un virus minable qui va castrer ma passion des écrans, petits et grands. La pandémie n’a en effet pas fondamentalement changé mes habitudes de visionnage. Je suis très curieux : tout est susceptible de m’intéresser, quels que soient le genre, l’origine, l’époque… Le cinéma est pour moi la manière idéale de découvrir d’autres univers culturels, d’autres esthétiques, de partager l’intime et d’explorer l’inaccessible. Je ne me contente donc pas exclusivement de la proposition des salles : bien qu’importante dans la capitale, elle demeure très insuffisante en ce qui concerne les films d’Amérique du sud, d’Afrique ou d’Asie (hors animation) pour ne citer que ceux-là. D’où la nécessité de se renseigner par soi-même et de dénicher ce qui ne nous est pas officiellement proposé. Mes recherches et envies me guident vers tout un univers inépuisable de découvertes, ce qui est chronophage, mais jouissif. Les choix sont ainsi très difficiles : en gros, j’essaie d’équilibrer entre films et séries (dont l’offre est devenue pléthorique et dont la qualité globale me semble en nette évolution depuis un certain temps ; HBO n’y est pas pour rien et mes séries cultes restent Oz et The Wire) de tous horizons. J’ai, malgré mon activité de visionneur compulsif, des centaines de films et des dizaines de séries « en attente » (par exemple, je viens juste de commencer la fameuse Île aux trente cercueils, série horrifique des années 70 et je compte enchaîner avec La Poupée sanglante !). Mais je les aurai (vus) tous et toutes un jour ! En 2022, l’aventure continue !

Ceci dit, mon agenda n’est pas forcément lié à l’actualité cinématographique. J’ai aussi tendance à compléter des filmographies de réalisateurs (les Mexicains Reygadas et Escalante ou le Hongkongais Fruit Chan récemment). Je ne ressens vraiment aucune pression de la vox populi (concernant Squid Game par exemple, je l’ai vue dès le premier jour car j’ai un gros faible pour les films « à élimination » type Battle Royale ; mais la hype qui a suivi a plutôt tendance à me gaver). Par contre, je peux visionner quelque chose si plusieurs personnes m’en ont parlé positivement ou si j’ai vu des avis élogieux sur le site Cinélounge que je recommande vivement, plutôt que la grosse machine Sens Critique (cela a été le cas pour la série Arcane qui ne me tentait pas du tout et est plutôt réussie ; et une autre série d’animation plus ancienne, Avatar, pour laquelle j’avais peu d’appétence, s’est révélée être un vrai coup de cœur).

Il est difficile d’estimer le pourcentage de découvertes totales en 2021, étant donné que j’ai visionné 665 films et 86 séries. Je suis diagnostiqué cinéphage aigu : j’ai cette tendance otakuesque à m’évader d’une réalité assez contraignante (quelle que soit la situation sanitaire, ce damné RER B est toujours aussi vérolé !). M’enfermer dans ma caverne des 1001 découvertes cinéphiliques n’est donc absolument pas une punition ! Ce qui me permet de maintenir une telle cadence depuis plusieurs années, c’est aussi le fait que je regarde très peu la télévision et suis quasi-inactif sur les réseaux sociaux. Mon temps d’écran n’est pas si au-dessus de la moyenne, mais il est dévoué à ma passion, qui est liée à ma profession puisque j’enseigne le cinéma-audiovisuel au lycée. Une passion dévorante, mais aussi un devoir absorbant ! Comme je l’ai dit, je suis très curieux et peux sans problème voir un truc sur lequel je n’ai que très peu d’infos. Il est vrai que, de manière générale, je suis toujours aimanté par un réalisateur ou un genre et effectue au moins des mini-recherches. Pour avoir un chiffre, je peux dire que j’ai visionné 49 % de films qui ont été vus par moins de 5 personnes du site Cinélounge. Cela me semble assez constant ces dernières années, voire en légère augmentation car j’ai vu énormément de films plus célébrés auparavant.

AlloCiné permet de vérifier toutes les sorties par semaine afin de ne pas louper les confidentielles (notamment pléthore de documentaires intéressants), mais je trouve que les notes globales n’ont que peu d’intérêt (ne parlons pas de IMDB et sa horde de haters qui mettent des 1 en meute). On se retrouve souvent face à des avis trop tranchés et peu nuancés de la part d’internautes dont on ne sait rien (et il y a souvent des opérations de notation à but lucratif). Surtout, il n’y a pas d’échange possible : très vite, ça se fige, ça se tend, ça s’invective. Comme je l’ai souligné, je vais peu sur les réseaux et préfère des échanges en live. Même s’ils sont musclés, même si on campe sur nos positions, cette vociférante gouaille est un plaisir pour moi, car la bienveillance, même agonistique, nous lie. 

Crédits Photo : Inspecteur Gadget © D. R.

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