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Trois raisons de découvrir « Jeunesse Sauvage »

Qu’il est bon de pouvoir enfin retrouver le chemin des salles obscures ! Entre ressorties et nouveautés, la programmation de cette semaine du 22 juin se veut riche et variée. Nous vous donnons donc pour l’occasion trois raisons de découvrir l’une des sorties de la semaine : Jeunesse Sauvage, drame sétois sur le déterminisme social.

LE PITCH : Raphaël (Pablo Cobo), chef d’une bande de jeunes voleurs de rues, voit son autorité menacée par Kévin (Darren Muselet), son fidèle lieutenant. Pour garder le pouvoir, il doit affronter la trahison et un univers de plus en plus violent, où les armes remplacent les poings.

1. UNE FICTION ANCRÉE DANS LE DOCUMENTAIRE

Premier long métrage de François Carpentier, Jeunesse Sauvage puise sa source dans l’expérience personnelle du réalisateur. Longtemps encadrant et animateur d’ateliers de pratiques artistiques dans des quartiers difficiles, Carpentier a partagé et observé la relation de ces jeunes face au monde. Ce sont ces moments qui lui ont permis de trouver la matière nécessaire afin de mettre en images l’univers des voleurs de rues. Et l’on comprend dès les premières minutes du film que le réalisateur connaît effectivement les rouages de son sujet. La mise en scène de Jeunesse Sauvage, jamais caricaturale et quasi documentaire, est effectivement l’un des points forts du film. La caméra, toujours à bonne distance de ses protagonistes, restitue avec justesse la rage et la détermination de Raphaël, comme de ses acolytes. 

2. UNE TRAGÉDIE CONTEMPORAINE

Jeunesse Sauvage nous conte le récit initiatique de Raphaël, adolescent révolté qui oscille entre sa bande d’amis délinquants et son paternel malade et marginal qu’il tente de sortir de la rue. Souhaitant échapper à son destin, le jeune homme, entre amour naissant et trahison amicale, tente le tout pour le tout. Jeunesse Sauvage est une tragédie contemporaine qui ne manque pas de nous emporter par moments, mais au scénario inégal, voire lisse . La première partie, intense et naturaliste, se noie dans la seconde – où les motifs tragiques du récit deviennent forcés. En reste la jolie et prenante dimension documentaire, l’emportant largement sur le récit qui s’éparpille en fin d’acte.

3. UN CASTING SAUVAGE

Entre jeunes pousses du cinéma franco-belge et non-professionnels, le casting de Jeunesse Sauvage est une bonne surprise. Pour les têtes montantes, vous pourrez notamment y voir Darren Muselet – bluffant dans Mon Frère (2019) de Julien Abraham -, mais aussi Léone François (Typique) et Sandor Funtek (La Vie d’Adèle, K Contraire), tous trois convaincants dans leur rôle respectif. Les non-professionnels apportent vérité et spontanéité à l’ensemble. Quant à Pablo Cobo, qui tient le rôle principal, il décroche ici son premier rôle important au cinéma. S’il n’est pas toujours juste à l’écran, il reste cependant intense dans sa prestation durant l’intégralité du film. Une performance en demi-teinte qui donne malgré tout envie de suivre le parcours du jeune comédien.

Jeunesse sauvage. Réalisé par François Carpentier. Avec Pablo Cobo, Darren Muselet, Léone François… France, Belgique. 01h20. Genre : Drame. Distributeur : Fratel Films. Sortie le 22 Juin 2020.

Crédits Photo : © Fratel Films

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