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Trois bonnes raisons de découvrir « Skate Kitchen »

Après l’acclamé The Wolfpack (2015), la réalisatrice Crystal Moselle revient dans les salles obscures avec son premier long métrage de fiction Skate Kitchen, sélectionné au Festival de Sundance 2018. Malgré un scénario qui s’étire inutilement, Skate Kitchen vaut tout de même le détour pour son évocation juste de la place de la femme dans un sport majoritairement masculin, sa mise en scène et son casting.

Le pitch : A New York, la vie de Camille (Rachelle Vinberg), une adolescente solitaire et introvertie, va radicalement changer en intégrant un groupe de jeunes filles skateuses appelé Skate Kitchen. Cette bande éprise de liberté et sa rencontre avec un jeune skateur énigmatique (Jaden Smith) vont l’éloigner de sa mère avec qui elle s’entend de moins en moins.

S’imposer au skatepark

Scénaristiquement, Skate Kitchen ne se démarque pas des nombreux films traitant de l’adolescence. Les thèmes de la relation mère-fille, la naissance du premier amour, la place dans un groupe, la découverte de son corps… Tous ces éléments se retrouvent dans le film, sans grande innovation. Il est cependant intéressant de voir évoluer une jeune fille, et ses amies, dans une discipline majoritairement masculine : le skateboard. L’intimidation, la compétition, les vannes machistes de certains skateurs… Rien n’est épargné aux adolescentes lorsqu’elles se rendent au skatepark. Mais le soutien sans faille qu’elles ont les unes pour les autres leur permet de passer toujours outre. Éprises de liberté, ouvertes d’esprit et passionnées, elles n’hésitent pas à s’imposer sur les spots et à défier quiconque se met en travers de leur planche. Un joli message sur la détermination pour tous ceux qui n’osent se lancer par peur du regard des autres.

Un docu-fiction authentique

Le film s’inspire du groupe de skateuses new-yorkaises éponyme, dont les tricks et le style suscitent l’engouement sur Instagram. Ces jeunes filles ont par ailleurs déjà été mises en lumière dans un court métrage de Moselle. La réalisatrice a vécu en immersion totale avec ces skateuses durant un an afin de les connaître et comprendre leur langage. Skate Kitchen puise sa source dans la vie de Rachelle Vinberg (Camille), son arrivée à New York, ses rencontres et son adolescence. Mais la majeure partie reste fictionnelle. Tourné avec une esthétique documentaire, Skate Kitchen nous plonge dans l’univers du skateboard dès sa première scène (qui secoue littéralement). La caméra suit les déambulations des skateuses dans la ville, et capte leurs moindres conversations et expressions. La mise en scène respire l’authenticité. Une authenticité que l’on doit aussi en grande partie aux comédiennes.

Des non professionnelles plus vraies que nature

Hormis Jaden Smith (A la recherche du bonheur, Le Jour où la Terre s’arrêta), le casting de Skate Kitchen ne se compose que de comédiens non professionnels. A commencer par les membres de Skate Kitchen : Rachelle Vinberg, comme ses acolytes, qui sont toutes justes et remarquables à l’écran. Leur passion, leur personnalité (quoiqu’un poil fictionné), leur langage et leur style sont brillamment mis en lumière et ont sans conteste permis à Moselle de doter son film d’un réalisme poignant. Les autres skateurs ne sont pas en reste, avec son lot de « gueules ». Quant à Jaden Smith et sa tignasse rouge, il est également très juste et touchant dans les traits d’un skateur photographe qui fait chavirer les cœurs. Si Crystal Moselle aurait pu s’en tenir à son court métrage sur le Skate Kitchen, le long métrage reste un film qui fait du bien, donne envie de foncer dans la vie et de s’assumer pleinement tel que l’on est.

Réalisé par Crystal Moselle. Avec Rachelle Vinberg, Jaden Smith, Kabrina Adams… Etats-Unis. 1h47. Genre : Drame. Distributeur : Makadam Distribution. Sortie le 30 Janvier 2019.

Crédits Photo : © Makadam Distribution.

Touche-à-tout, Camille a écrit et réalisé plusieurs courts métrages, et tenu différents postes sur des projets courts (première assistante, chef opératrice, cadreuse, scripte, photographe de plateau). Elle officie également en tant que directrice de casting sur des courts et moyens métrages. En parallèle, elle écrit pour Les Ecrans Terribles et Boum! Bang!, photographie compulsivement tout ce qui l’entoure, et voue un culte inexplicable aux ratons laveurs et au groupe The Clash, entres autres.

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