Focus

Jake Gyllenhaal en cinq prestations

Entre blockbusters et films indépendants, Jake Gyllenhaal s’est tracé un chemin éclectique et parfois surprenant par ses choix de rôles. Cette semaine, il arbore cape et superpouvoirs dans Spider-Man : Far From Home, l’occasion rêvée de revenir sur cinq prestations mémorables du comédien américain de 38 ans. 

Fruit bien né de l’union entre le réalisateur Stephen Gyllenhaal et la scénariste Naomi Foner Gyllenhaal (née Naomi Achs), Jake fait ses débuts au cinéma à seulement onze ans dans La Vie, l’Amour, les Vaches (1991). Adolescent, il fait quelques apparitions avec sa sœur Maggie Gyllenhaal (La Secrétaire, The Dark Knight) sur grand écran, notamment dans A Dangerous Woman (1993) et Homegrown (1998) sous la direction de leur paternel. Depuis, il compte une grosse quarantaine de films et séries à son actif.


Donnie Darko dans Donnie Darko (2002) de Richard Kelly

Après avoir été à l’affiche de différentes comédies, Jake Gyllenhaal décroche le rôle principal du drame de science-fiction Donnie Darko. Son parcours est alors encore étroitement lié à celui de sa sœur Maggie, qui tient l’un des rôles secondaires dans le film. Malgré un score médiocre au box office, Donnie Darko est acclamé par la critique. En campant Donnie, adolescent intelligent et perturbé qui communique avec un lapin humanoïde, Jake Gyllenhaal se retrouve sous le feu des projecteurs. Un franc succès qu’il partage avec la reprise mémorable du titre Mad World interprétée par Gary Jules, l’un des morceaux présent dans le film. Deux pépites dans un long métrage aujourd’hui culte.


Jack Twist dans Le Secret de Brokeback Mountain (2005) de Ang Lee

Après le succès commercial du film catastrophe Le Jour d’Après (2004), Gyllenhaal est à l’affiche de trois projets très différents en 2005 : le film de guerre Jarhead – La fin de l’innocence de Sam Mendes, le mystérieux drame Proof de John Madden avec Gwyneth Paltrow (Shakespeare in Love, Iron Man) et Anthony Hopkins (Le Silence des Agneaux, Les Vestiges du jour), et surtout le drame romantique Le Secret de Brokeback Mountain. Dans ce succès critique et commercial, Jake Gyllenhaal campe Jack Twist, cow-boy qui entretient secrètement une idylle avec Ennis del Mar – interprété par le talentueux et regretté Heath Ledger (Les Seigneurs de Dogtown, The Dark Knight) – durant près de vingt ans. Une intense passion au cœur du Wyoming devenue mythique et qui a permis aux deux comédiens d’obtenir de multiples récompenses et nominations en festivals.


L’inspecteur Loki dans Prisoners (2013) de Denis Villeneuve

Les années suivantes, Jake Gyllenhaal oscille entre projet dramatique (Brothers), comédie romantique (Love, et autres drogues) et films d’actions (Prince of Persia, Source Code, End of Watch) plus ou moins réussis. En 2013, il est à l’affiche de deux films de Denis Villeneuve, tous deux salués par la critique : Enemy dans lequel il tient un double rôle aux côtés de Mélanie Laurent (Je vais bien, ne t’en fais pas, Inglourious Basterds) et le thriller psychologique Prisoners où il donne la réplique à Hugh Jackman (Les Misérables, X-Men) et Paul Dano (There Will Be Blood, Twelve Years a Slave). Pris dans une enquête d’enlèvement éprouvante, l’acteur endosse tout en justesse le rôle du jeune inspecteur Loki et ses tics oculaires, qui lui vaut d’être à nouveau récompensé en festivals.


Lou Bloom dans Night Call (2014) de Dan Gilroy

Il s’agit là de la prestation de Gyllenhaal la plus saluée en festivals. Et pour cause. L’acteur américain campe avec brio Lou Bloom, un impitoyable journaliste indépendant à la recherche effrénée d’images chocs pour les vendre à la chaîne de télévision locale la plus offrante. Le premier long métrage de Dan Gilroy est nommé à de nombreuses reprises, et la performance fascinante de Jake Gyllenhaal est unanimement saluée. En campant Lou Bloom, il dévoile une nouvelle facette de sa palette de jeu. Le physique du comédien sied de plus ici parfaitement à son personnage, nous faisant rapidement comprendre qu’une bouille de gentil peut en réalité camoufler un homme malaisant guidé par une (trop) grande ambition.


Tony Hastings / Edward Sheffield dans Nocturnal Animals (2016) de Tom Ford

Après le flop commercial du drame Demolition de Jean-Marc Vallée (2016), l’acteur américain est la même année au casting du sombre Nocturnal Animals de Tom Ford. Aux côtés d’Amy Adams (American Bluff, Premier Contact), Michael Shannon (Take Shelter, Les Noces Rebelles) et Aaron Taylor-Johnson (Nowhere Boy, Kick-Ass), le comédien américain incarne une nouvelle fois un double rôle à l’écran : celui d’Edward, ex-mari du personnage interprété par Amy Adams, et celui de Tony, protagoniste du roman d’Edward embarqué en plein cauchemar après avoir été agressé de nuit avec sa femme et sa fille par une bande de voyous sadiques. Une prestation intense tout en nuances qui prouve une nouvelle fois le talent de Gyllenhaal qui, malgré ses erreurs de parcours, reste l’un des comédiens les plus imprévisibles de sa génération.

Crédits Photo : Jake Gyllenhaal dans Les Frères Sisters© Magali Bragard. 

Touche-à-tout, Camille a écrit et réalisé plusieurs courts métrages, et tenu différents postes sur des projets courts (première assistante, chef opératrice, cadreuse, scripte, photographe de plateau). Elle officie également en tant que directrice de casting sur des courts et moyens métrages. En parallèle, elle écrit pour Les Ecrans Terribles et Boum! Bang!, photographie compulsivement tout ce qui l’entoure, et voue un culte inexplicable aux ratons laveurs et au groupe The Clash, entres autres.

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