Focus

Matthew McConaughey en six rôles

Ah, Matthew… Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette dernière décennie aura été un peu la sienne. Au diable les comédies romantiques, le texan de cinquante ans s’est tourné depuis 2010 vers des projets plus sombres, et en a été largement récompensé ! Sa renaissance impromptue a permis au monde de découvrir un acteur de talent, bien loin de son image de playboy et ses rôles oubliables (et oubliés). Tête d’affiche du nouveau film de Guy Ritchie, Matthew McConaughey enfile cette semaine son plus beau costume dans la peau d’un baron de la drogue londonien dans The Gentlemen. Un rôle me donnant l’occasion de revenir subjectivement sur ses six prestations les plus marquantes. 

David Wooderson dans Génération Rebelle (1993) de Richard Linklater

Voici peut-être l’unique rôle non oubliable du début de carrière de Matthew McConaughey. Il s’agit également de sa deuxième apparition sur grand écran (dans un film aujourd’hui culte), et celle qui a fait de lui l’un des nouveaux espoirs du cinéma américain dans les années 1990. Rien que ça. Mèche blonde et sourire enjôleur, le comédien joue déjà de son charme naturel. Une attitude qui le poursuivra longtemps, jusqu’à le rendre lisse et bien fade. Et pourtant, je lui passe (pour ce long métrage seulement) ce penchant agaçant, puisque Génération Rebelle reste un film que je ne me lasserai pas de revoir – pour sa fraîcheur, et son casting cinq étoiles.

Mud dans Mud – Sur les rives du Mississipi (2012) de Jeff Nichols

Ce drame tourné dans l’Arkansas marque la première fois où j’ai véritablement remarqué le talent de Matthew McConaughey (et je ne suis probablement pas la seule). Séduite par le nom de Nichols en haut de l’affiche, plus que par son casting, j’étais ravie de découvrir le nouvel opus du réalisateur de Take Shelter. Et quelle claque ! Mud – Sur les rives du Mississippi reste aujourd’hui encore l’un des films qui m’a le plus touchée, et McConaughey y est indéniablement pour quelque chose. En Robinson criminel se battant pour une femme qui n’en vaut pas la chandelle, le comédien est émouvant, bluffant et captivant. Une prestation qui m’a donné envie, comme beaucoup, de lui donner une seconde chance. 

Mark Hanna dans Le Loup de Wall Street (2013) de Martin Scorsese

Pourquoi citer Le Loup de Wall Street quand on sait que Matthew McConaughey n’y fait qu’une apparition minime ? Et bien, parce que l’important n’est pas la « taille » d’un rôle, mais bien la façon dont un acteur s’attribue un personnage. Et dans ce film précisément, alors que sa carrière est déjà bien relancée, McConaughey accepte sans sourciller ce petit rôle de trader déjanté et mentor de DiCaprio, le temps de quelques scènes devenues par la suite les plus mémorables de ce biopic en plein cœur de la bourse américaine. Un choix de rôle qui m’a fait réaliser combien McConaughey était bon comédien, et que son plaisir de jouer n’a finalement pas de limite. 

Ron Woodroof dans Dallas Buyers Club (2013) de Jean-Marc Vallée

Matthew McConaughey n’a jamais eu peur de jouer avec son physique. Et s’il nous avait plutôt habitué jusqu’alors à sa carrure musclée, il apparaît dans Dallas Buyers Club avec pas moins de vingt kilos en moins, le visage émacié et transformé. Exit son image de playboy, le comédien se métamorphose pour ce rôle impressionnant de Ron Woodroof, cowboy violent, macho et homophobe diagnostiqué séropositif au VIH au milieu des années 1980. Une performance pleine de justesse et des plus émouvantes qui vaut à McConaughey l’Oscar du Meilleur Acteur en 2014. La « McConnaissance » à son sommet. 

Rust Cohle dans True Detective : Saison 1 (2014) de Cary Joji Fukunaga

Aussi captivante par son scénario et sa mise en scène que son jeu d’acteurs, la première saison de True Detective est une véritable pépite (pour ceux qui ne l’auraient pas encore regardé). Matthew McConaughey prouve une nouvelle fois son immense talent en campant Rust Cohle, un inspecteur torturé et introverti à deux périodes de sa vie. Deux périodes hantées par une enquête sur fond de meurtres sataniques et pédophiles qui font froid dans le dos. Ici encore, le comédien m’a bluffée par l’aura qu’il insuffle à Rust, interne et tout en retenue, donnant une dimension aussi complexe que juste au personnage. Ce qui rend la prestation du texan encore plus intéressante et mémorable. 

Cooper dans Interstellar (2014) de Christopher Nolan

Interstellar est un film majeur de la dernière décennie, un des grands films réalisé par un metteur en scène de talent. Et Matthew McConaughey, tête d’affiche de ce drame de science-fiction, dénote une nouvelle fois son penchant pour les personnages complexes, et se révèle aussi troublant qu’impressionnant. Peu de mots me viennent lorsque j’évoque la première fois que j’ai vu Interstellar, tant il m’a bousculé et émerveillé. Je termine donc ce papier avec la fameuse séquence d’amarrage de l’Endurance pour vous donner à tous, l’envie de le (re)voir. 

Crédits Photo : Paperboy © Metropolitan FilmExport.

Touche-à-tout, Camille a écrit et réalisé plusieurs courts métrages, et tenu différents postes sur des projets courts (première assistante, chef opératrice, cadreuse, scripte, photographe de plateau). Elle officie également en tant que directrice de casting sur des courts et moyens métrages. En parallèle, elle écrit pour Les Ecrans Terribles et Boum! Bang!, photographie compulsivement tout ce qui l’entoure, et voue un culte inexplicable aux ratons laveurs et au groupe The Clash, entres autres.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *