Los Reyes © D. R.
Festivals,  PSSFF 2019

PSSFF #2 – Des femmes et deux chiens

Travail oblige, je n’ai pas pu me rendre au Paris Surf and Skateboard Film Festival aujourd’hui. My (fat) bad. Mais n’ayez crainte, j’ai vu en amont les films présentés afin de vous faire un petit topo de cette troisième journée de compétition. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la programmation du jour m’a tout à fait chamboulée. Un road trip féminin au volant d’un van rose au Danemark, le portrait émouvant des deux « rois canins » du skatepark de Santiago ou encore un court métrage mettant en vedette des apprenties skateuses afghanes… Le PSSFF revêt en ce samedi 28 septembre des teintes aussi captivantes que touchantes…

Ce troisième jour de festival met largement à l’honneur la place de la femme dans la culture surf et skateboard. A commencer par Trouble : The Lisa Andersen Story de Chas Smith. Ce documentaire dynamique retrace la vie de la surfeuse Lisa Andersen, quatre fois championne du monde. Elle fut la première femme à faire la couverture de Surfer Magazine, et l’une des premières à être devenue célèbre grâce à cette discipline. Ce samedi signe par ailleurs la première vague de la compétition courts métrages. Vous pourrez y découvrir un Christian Borde – aka Jules-Edouard Moustic (passion Groland) – lâché en plein Pays Basque pour enquêter sur le surf (investigation dont il ne tirera que peu de réponses) dans Moustic en surf d’Etienne Labroue, mais également Tan d’Alena Ehrenbold, joli portrait de Robin Goffinet, surfeur passionné qui s’est installé dans le Finistère afin d’y fabriquer des planches de surf durables. La photographe Magdalena Wosinska est également de la partie avec A Day in the Life of Cher, court métrage mettant en lumière Cher, une skateuse transsexuelle et icône de la scène punk à Oakland en Californie. La petite claque des formats courts présentés aujourd’hui reste cependant Learning to Skateboard In A Warzone (If You’re A Girl) de Carol Dysinger, un documentaire passionnant sur l’école Skateistan à Kaboul, créée notamment pour les jeunes filles afghanes afin qu’elles apprennent à lire, écrire et faire du skateboard. Une pépite inédite pleine de liberté et de bravoure.

Learning to Skateboard In A Warzone © D. R.
Learning to Skateboard In A Warzone © D. R.

La fin de journée risque d’en chambouler plus d’un. Et pour cause, les deux longs métrages en compétition sont de très jolies découvertes. A commencer par l’inattendu et bouleversant Los Reyes de Bettina Perut et Iván Osnovikoff – qui s’est frayé une place dans mon top 10 films 2019 par la même occasion. Sans conteste LE coup de cœur de cette quatrième édition (du moins, en ce qui me concerne). Et non, ce n’est pas dû à ma passion certaine pour les chiens. Los Reyes est le nom d’un skatepark en plein cœur de Santiago. Il est fréquenté par de nombreux jeunes du quartier, mais les « rois » de ce parc sont en réalité Chola et Futbol, deux chiens errants y ayant élu domicile. Le film relate avec tendresse et humour le quotidien de ces deux canidés, entre poursuite de vélos, errances, complicités ou encore jeux de balles. Des protagonistes attachants qui nous en font oublier le hors champ composé de bribes de conversations adolescentes, tant leur présence à l’image captive. Et que dire de la photographie de Los Reyes. Peu de mots me viennent, en réalité. La caméra semble toujours au bon endroit, et les cadres émerveillent d’un plan à l’autre. Une fort belle découverte, vraiment.

Don't Give A Fox © D. R.
Don’t Give A Fox © D. R.

Don’t Give A Fox, dernier film de la journée, est par ailleurs un autre projet immanquable. Kaspar Astrup Schröder suit dans ce documentaire le road trip à travers le Danemark d’un groupe de filles passionnées de skateboard. Un road trip qui prend sa source suite à l’accident de l’une d’entre elles, Sofie, qui ne peut plus faire de skate pendant plusieurs mois à cause d’une fracture au pied. Ce voyage au volant d’un van rose est l’occasion de se découvrir les unes les autres, mais aussi elles-mêmes. Toutes attachantes, les membres du « Don’t Give A Fox » irradient à l’écran, et soufflent un vent de liberté, d’amour, d’amitié et d’acceptation de soi puissant en cette fin de journée automnale. Et cela fait un bien fou.

Touche-à-tout, Camille a écrit et réalisé plusieurs courts métrages, et tenu différents postes sur des projets courts (première assistante, chef opératrice, cadreuse, scripte, photographe de plateau). Elle officie également en tant que directrice de casting sur des courts et moyens métrages. En parallèle, elle écrit pour Les Ecrans Terribles et Boum! Bang!, photographie compulsivement tout ce qui l’entoure, et voue un culte inexplicable aux ratons laveurs et au groupe The Clash, entres autres.

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