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Sara Forestier en cinq prestations

Sara Forestier a démarré sa carrière dans le cinéma tout à fait par hasard, puisqu’elle a été repérée alors qu’elle accompagnait une copine à une audition. Depuis, elle a tourné dans une quarantaine de films et séries et remporté quatre statuettes (dont deux César s’il vous plaît !). Elle crève aujourd’hui l’écran dans le rôle de Marie, une jeune femme marginalisée, dans Roubaix, une lumière, le dernier long métrage d’Arnaud Desplechin.
Retour sur cinq rôles majeurs de cette « tornade » naturelle et audacieuse. 

Lydia dans L’Esquive d’Abdellatif Kechiche (2004)

Après plusieurs petits rôles, Sara Forestier démarre sa carrière sur les chapeaux de roues en tête d’affiche de L’Esquive. Sa performance dans la peau de l’extravertie Lydia, adolescente d’une cité HLM répétant une pièce de Marivaux pour le spectacle de fin d’année, est sidérante de naturel et lui vaut le César du Meilleur espoir féminin. Décrié ou adoré, ce film vaut pourtant le détour pour son réalisme, quasi documentaire, et sa vision différente de la banlieue avec son langage, ses émois et ses codes. Par ce biais, Kechiche évoque finalement les aléas universels de la jeunesse.

Hell dans Hell de Bruno Chiche (2006)

Dans Hell, adaptation du roman éponyme de Lolita Pille, Sara Forestier se révèle autodestructrice et (hyper) sexualisée. Face à Nicolas Duvauchelle (Je ne suis pas un salaudTout nous sépare), la jeune comédienne campe Hell, une jeune Parisienne très aisée qui passe son temps en boîtes de nuit. Elle rencontre Andrea, et entame une relation fusionnelle avec lui. Un amour qui signe par ailleurs la descente aux enfers des deux protagonistes. Vivement décrié à sa sortie, ce film au succès mitigé est facilement évitable. Pour autant, la comédienne crève une nouvelle fois l’écran. Sara Forestier : une puissance incontestable.

Bahia Benmahmoud dans Le Nom des Gens de Michel Leclerc (2010)

Après avoir interprété France Gall dans le premier long métrage de Joann Sfar, Gainsbourg, vie héroïque, Sara Forestier donne la réplique à Jacques Gamblin (Les Enfants du maraisLe Premier Jour du reste de ta vie) dans le réussi Le Nom des gens. Sous les traits de l’extravertie Bahia, qui couche avec des hommes aux opinions politiques différentes de la sienne pour les convertir à sa cause, l’actrice confirme son talent et se voit auréolée du César de la Meilleure actrice en 2011 pour ce rôle original et insolite.

Suzanne dans Suzanne de Katell Quillévéré (2013)

En 2013, Sara Forestier fait à nouveau parler d’elle avec sa performance poignante et tout en justesse dans Suzanne de Katell Quillévéré. Face à Adèle Haenel et François Damiens (DikkenekLa Famille Bélier), elle interprète de façon brute et sèche Suzanne, mère-fille à la fois fragile et forte que le film suit durant vingt-cinq ans. Sara Forestier choisit une nouvelle fois un personnage plein de contradictions, balloté par la vie et par sa passion dévorante pour un mauvais garçon. Un rôle porté avec naturel et sensibilité par la comédienne qui lui vaut une nomination aux César dans la catégorie Meilleure actrice et le Valois de la meilleure actrice au Festival d’Angoulême la même année.

Séverine dans La Tête Haute d’Emmanuelle Bercot (2015)

Après s’être battue sans trucage ni doublure dans Nos séances de lutte (2013) de Jacques Doillon, l’actrice rejoint le casting du film dramatique multi-primé La Tête Haute d’Emmanuelle Bercot, qui révèle le jeune comédien non professionnel Rod Paradot. Sara Forestier y tient le rôle de la mère de Malony, dépassée par l’éducation de son fils. Aussi aimant que destructeur, son personnage inconscient irradie à chacune de ses apparitions, et offre à Sara Forestier une nouvelle nomination aux César, dans la catégorie Meilleure actrice dans un second rôle cette fois-ci. Touche-à-tout, battante et fonceuse, Sara Forestier n’a pour sûr pas fini de faire parler d’elle, et peut se vanter d’avoir à son actif une filmographie plurielle aux nombreux rôles d’écorchées vives, qu’elle choisit toujours avec beaucoup d’engagement. Un engagement que l’on a par ailleurs retrouvé dans une interview de la comédienne pour l’émission Stupéfiant!, dans laquelle elle s’est présentée sans maquillage et échevelée pour évoquer la place des femmes dans l’industrie du cinéma et dénoncer “l’injonction à être sexy, à être glamour, or une femme, ce n’est pas que ça”.

Crédits Photo : © Mars Distribution. 

Touche-à-tout, Camille a écrit et réalisé plusieurs courts métrages, et tenu différents postes sur des projets courts (première assistante, chef opératrice, cadreuse, scripte, photographe de plateau). Elle officie également en tant que directrice de casting sur des courts et moyens métrages. En parallèle, elle écrit pour Les Ecrans Terribles et Boum! Bang!, photographie compulsivement tout ce qui l’entoure, et voue un culte inexplicable aux ratons laveurs et aux Clash, entres autres.

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