Cinéma

Rabah Naït Oufella, du rap au cinéma

A 25 ans, Rabah Naït Oufella écume les tournages depuis 2007. Encore discret dans le paysage cinématographique français, le jeune acteur franco-algérien a cependant fait beaucoup parler de lui suite à son rôle dans Grave en 2016. A l’affiche de la comédie Les Affamés de Léa Frédeval cette semaine, retour sur la carrière de cette pousse prometteuse.

Né à Paris le 3 décembre 1992, Rabah Naït Oufella est au départ un féru de rap. Bercé par Fonky Family, IAM ou encore Nèg’Marrons, il se met rapidement à écrire des textes et s’adonne à sa passion durant trois ans. Le jeune comédien enregistre même un album et se voit approcher par des maisons de disques, avant que sa motivation ne se perde. En 2007, alors âgé de 14 ans, il est choisi par Laurent Cantet pour intégrer la classe d’adolescents mise en lumière dans Entre les Murs. Tournée durant l’été dans un collège parisien du 19ème arrondissement, cette comédie dramatique est une adaptation du roman éponyme de François Bégaudeau – également rôle principal du film.  Brillamment accueilli par la critique, Entre les Murs se voit auréolé de la Palme d’Or, à l’unanimité du jury présidé par Sean Penn, au Festival de Cannes 2008. Une entrée dans le monde du cinéma en fanfare pour Rabah, donc. Avant même la sortie en salles, le jeune comédien est repéré par la mère d’une des élèves du film, directrice de casting, qui propose son profil à la réalisatrice Sarah Léonor pour un second rôle dans le drame Au voleur, aux côtés de Guillaume Depardieu.

Garance Marillier & Rabah Naït Oufella dans Grave © D. R.

Après diverses apparitions dans des courts et moyens métrages, dont Bande de Filles (2014) de Céline Sciamma, il obtient un petit rôle dans le thriller nerveux et efficace Braqueurs (2015) de Julien Leclercq, où il côtoie Guillaume Gouix (Jimmy Rivière, Attila Marcel), Sami Bouajila (Indigènes, Omar m’a tuer) mais aussi le rappeur Kaaris. Rabah Naït Oufella rejoint ensuite deux projets en lien avec l’actualité. Cela commence avec Tout, tout de suite (2015) de Richard Berry, qui relate le meurtre d’Ilan Halimi, et dans lequel le comédien campe l’un des membres du « gang des barbares ». Puis Nocturama (2016) de Bertrand Bonello, un film controversé lors de sa sortie – sept mois après les attentats survenus à Paris. Ce thriller suit l’organisation et la mise à exécution d’attaques coordonnées par une bande de jeunes dans la capitale française. Rabah prête dans ce projet ses traits à Omar, complice et employé du grand magasin dans lequel se réfugient les jeunes. Mais c’est dans le petit bijou de Julia Ducournau, Grave, que Rabah Naït Oufella se fait pleinement remarquer la même année. Exit les rôles de jeunes de banlieue adeptes des mauvais coups, il excelle dans la peau d’Adrien, étudiant vétérinaire homosexuel que croquerait bien sa colocataire Garance Marillier (tête d’affiche du film). Tout en justesse et loin du cliché, le jeune comédien irradie. Et cette prestation lui vaut d’être présélectionné « Révélation » pour le César du Meilleur espoir masculin en 2018. En 2017, après avoir campé le copain d’Ahmed Sylla dans L’Ascension de Ludovic Bernard, Rabah Naït Oufella s’illustre au casting de la comédie dramatiquede Grand Corps Malade, Patients, dans lequel il interprète un jeune blessé par balle et camarade de chambre de Pablo Pauly (De toutes nos forces, Lascars). Si sa filmographie n’est pas lisse, de très bons projets ponctuent et contrebalancent les petites « erreurs de parcours » du comédien, et laissent présager le meilleur pour la suite. Du moins, on l’espère (très) fort.

Crédits Photo : © Agathe Decaux.

 

Camille Griner

Touche-à-tout, Camille a écrit et réalisé plusieurs courts métrages, et tenu différents postes sur des projets courts (première assistante, chef opératrice, cadreuse, scripte, photographe de plateau). Elle officie également en tant que directrice de casting sur des courts et moyens métrages. En parallèle, elle écrit pour Les Ecrans Terribles et Boum! Bang!, photographie compulsivement tout ce qui l’entoure, et voue un culte inexplicable aux ratons laveurs, aux Clash et à la chèvre Djali dans Le Bossu de Notre Dame, entres autres.

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