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Luca : « Silenzio Bruno ! »

Après le joli succès en ligne de Soul en décembre 2020, le dernier né de Pixar se retrouve lui aussi distribué uniquement sur la plateforme Disney +, au grand dam d’un large nombre de spectateurs et des caisses du cinéma français. Ce nouveau projet du studio d’animation, baptisé Luca, a pourtant tout d’un bon blockbuster estival, si tant est qu’on aime la pizza, les pasta et les Vespa.

Tandis que la proposition Soul réalisée par Peter Docter et Kemp Powers, plus adulte, propose une réflexion conceptuelle pointue et poétique par le biais de l’animation grand public, Luca signe quant à lui un retour du studio Pixar vers un scénario plus littéral et léger à destination des bambins. Le choix de cibler la critique et les festivals internationaux a donc été mis de côté ici. 

Dans ce nouvel opus qui fleure bon l’Italie, nous suivons les péripéties de Luca, un jeune garçon qui vit près d’une jolie petite ville côtière de la Riviera. Entre délicieux gelati, savoureuses pasta et longues balades à scooter, il partage ses aventures aux côtés de son nouveau meilleur ami Alberto. Mais nos deux acolytes ont un secret bien gardé : tous deux sont en réalité des monstres marins venus d’un autre monde…

Aux antipodes de Soul, Luca laisse rapidement entrevoir ses enjeux scénaristiques, et l’on devine facilement ce que sera le climax émotionnel après avoir visionné la première partie du film. Le scénario est par moment schématique de la construction d’un film pour enfant, s’inscrivant dans la digne lignée de certaines productions Pixar, émouvantes certes, mais prévisibles. Tous les éléments d’un bon film d’aventure pour marmots se retrouvent en effet dans Luca, à commencer par des créatures amusantes et des personnages gentiment méchants. Mention spéciale au chat bourru Machiavelli, dont la moue en fera tordre de rire plus d’un. Ce choix de simplicité scénaristique et le traitement attendu du thème de l’acceptation des différences, l’un des motifs phares de Pixar, est largement assumé par le réalisateur Enrico Casarosa (pour la première fois aux commandes d’un Pixar après avoir travaillé sur Ratatouille, Coco et Toy Story 4).

À l’instar d’autres films d’animation du studio, ce qui rend toujours agréable les projets plus « enfantins » de Pixar est le bon développement de leurs univers. Ici, un environnement aux allures intemporelles situé dans une Italie mignonne à souhait. La direction artistique est comme toujours à tomber, le décor du village étant par ailleurs bien plus réussi que le monde marin. À l’image du Paris de Ratatouille, et de la culture mexicaine de Coco, l’Italie de carte postale dépeinte dans Luca donne inévitablement des envies d’évasion et de voyage. On gardera également longtemps en mémoire la réplique, répétée à plusieurs reprises dans le film, « Silenzio Bruno ! ». Bruno étant cette petite voix intérieure vous empêchant par moment de faire ce qu’il vous chante, et à laquelle il faut parfois demander de se taire. Une trouvaille très futée et efficace. Coloré et touchant, Luca est une chronique estivale à hauteur d’enfant qui donne envie de piquer une tête dans une mer turquoise en contrée italienne. Une ode à l’amitié et à la tolérance qui, comme le sentiment d’insouciance des vacances, est une parenthèse fraîche et rayonnante malgré son ton convenu.

Réalisé par Enrico Casarosa. Avec les voix de Aloïs Le Labourier Tiêu, Matt Mouredon, Juliette Davis… Etats-Unis. 01h36. Genres : Animation, Famille. En exclusivité sur Disney + depuis le 18 Juin 2021.

Crédits Photo : © Walt Disney Company.

Touche-à-tout, Camille a écrit et réalisé plusieurs courts métrages, et tenu différents postes sur des projets courts (première assistante, chef opératrice, cadreuse, scripte, photographe de plateau). Elle officie également en tant que directrice de casting sur des courts et moyens métrages. En parallèle, elle écrit pour Les Écrans Terribles et Boum! Bang!, photographie compulsivement tout ce qui l’entoure, et voue un culte inexplicable aux ratons laveurs et au groupe The Clash, entres autres.

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