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MUSIQUE // TOP 10 : Tarantino, vieux pots, nouveaux tubes

Quentin Tarantino a souvent préféré recycler et ressusciter des morceaux oubliés plutôt que de confier les rênes auditives de ses projets à un compositeur (comme Stanley Kubrick). Il a dès lors offert à maintes reprises une seconde vie à ces chansons, parfois ringardes, pour en faire des tubes cultes à jamais associés à son univers. Au risque d’en froisser bon nombre par la non présence de certains titres dans cet article, voici un top 10 totalement subjectif des meilleurs morceaux réutilisés par ce grand mélomane, à l’occasion de la sortie de Once Upon A Time… in Hollywood.


10. WooHoo de The 5.6.7.8’s dans Kill Bill Vol. 1 (2003)

Le diptyque Kill Bill fourmille de références cinématographiques. Il en va de même pour la bande originale, très hétéroclite, qui allie morceaux oubliés et partitions de films, dont trois composées par Ennio Morricone et les thèmes du western Le Grand Duel (1972) de Santi et du film d’épouvante italien L’Emmurée Vivante (1977) de Fulci. Le déjanté Woo Hoo ponctue la séquence durant laquelle Uma Thurman (Les Liaisons DangereusesKill Bill) vient en découdre avec Lucy Liu (Ally McBealCharlie et ses drôles de dames).


9. Street Life de Randy Crawford dans Jackie Brown (1997)

Cette chanson pose son rythme délicieusement groovy sur la marche déterminée de l’hôtesse de l’air Jackie Brown lors du générique. Quentin Tarantino signe avec ce film policier multi-récompensé une bande originale en majorité composée de musiques afro-américaines, même si le baryton Johnny Cash, et son Tennessee Stud ici, n’est jamais loin chez le réalisateur.


8. Stuck in the Middle with You de Stealers Wheel dans Reservoir Dogs (1992)

Très seventies, la bande originale de Reservoir Dogs donne un côté indéniablement rétro à ce film de gangsters. Stuck in the Middle with You, alliant pop et country, permet au cinéaste de réaliser un parfait contrepoint surréaliste lors de la scène culte du découpage d’oreille au rasoir du policier bâillonné par Michael Madsen (Thelma et LouiseKill Bill).


7. Girl, You’ll be a Woman Soon de Urge Overkill dans Pulp Fiction (1994)

Quentin Tarantino assorti dans ce film des morceaux de pop, de soul, de rock’n’roll et de surf music. Ecrite et interprétée par Neil Diamond à la fin des années 1960, la chanson Girl, You’ll be a Woman Soon renaît en 1994 grâce au groupe américain Urge Overkill, joliment mise en lumière par le déhanché d’Uma Thurman.


6. Cat People (Putting Out the Fire)de David Bowie dans Inglourious Basterds (2009)

En utilisant ce morceau enflammé de Bowie, déjà utilisé dans La Féline (1982) de Schrader, Quentin Tarantino sublime indéniablement la scène où Mélanie Laurent (DikkenekLes Adoptés) se prépare pour la première nazie organisée dans son cinéma, en comptant bien y mettre le feu. Un moment mythique digne d’une ouverture de film bondien au féminin.


5. Down in Mexico de The Coasters dans Boulevard de la Mort (2007)

Centré sur le cascadeur psychopathe Stuntman Mike, Boulevard de la Mort fut un échec commercial à sa sortie. La bande originale regorge cependant de pépites rock’n’roll, dont Chick Habit interprétée par April March, reprise de Laisse tomber les filles écrite par Gainsbourg, qui en a fait dandiner plus d’un(e). Le morceau Down in Mexico ponctue quant à lui la séquence torride du lapdance de « Butterfly » dans un bar rétro d’Austin.


4. Django de Luis Bacalov dans Django Unchained (2012)

Aujourd’hui, Quentin Tarantino ne surprend guère plus par ses bandes originales. Dans Django Unchained, le cinéaste utilise en effet à nouveau des morceaux d’Ennio Morricone et Johnny Cash, avant de surprendre un temps par la présence de morceaux hip-hop. Mais il était impensable que le thème emblématique du western spaghetti Django (1966) de Sergio Corbucci ne figure point sur la playlist du réalisateur, qui le place de surcroît lors de la scène d’ouverture.


3. Little Green Bag de George Baker Selection dans Reservoir Dogs (1992)

Voici un autre exemple formel de morceau tombé dans l’oubli ayant bénéficié d’une véritable seconde vie grâce à son utilisation dans un film de Quentin Tarantino. Extraite du premier album du même titre en 1970, la chanson Little Green Bag est le premier succès du groupe George Baker Selection. Elle renaît à la sortie de Reservoir Dogs, en devenant par la même occasion un tube culte des années 1990.


2. Across 110th Street de Bobby Womack dans Jackie Brown (1997)

Qu’aurait été la scène finale de Jackie Brown, lors de la fuite en voiture de Pam Grier (Linc’sL World), sans la voix soul de Bobby Womack sur Across 110th Street ? Beaucoup moins intense. La comédienne, au volant de sa voiture, entonne de plus à mi-voix le refrain de cette grande chanson. Mythique.


1. Bang Bang (My Baby Shot Me Down) de Nancy Sinatra dans Kill Bill Vol. 1 (2003)

Bang Bang (My Baby Shot Me Down) est sans conteste le meilleur morceau recyclé par Tarantino. En effet, le réalisateur parvient à réhabiliter avec brio cette chanson oubliée, interprétée par Nancy Sinatra, près de vingt-cinq ans après sa sortie dans les bacs. Résonnant sur la première scène du film, lors de l’assassinat de Beatrix Kiddo, aka « La Mariée », ce titre redevient par la suite un classique musical.


Mention Spéciale : You Never Can Tell de Chuck Berry dans Pulp Fiction (1994)

Parce qu’un top 10, c’est trop court, et que You Never Can Tellponctue tout de même la scène de danse la plus mythique de Pulp Fiction. Et parce qu’Uma Thurman et John Travolta (La Fièvre du samedi soirBlow Out) exécutant une chorégraphie improbable dans un bar rétro sur du Chuck Berry, ça se déguste sans fin.

Photo en Une : © Miramax

Touche-à-tout, Camille a écrit et réalisé plusieurs courts métrages, et tenu différents postes sur des projets courts (première assistante, chef opératrice, cadreuse, scripte, photographe de plateau). Elle officie également en tant que directrice de casting sur des courts et moyens métrages. En parallèle, elle écrit pour Les Ecrans Terribles et Boum! Bang!, photographie compulsivement tout ce qui l’entoure, et voue un culte inexplicable aux ratons laveurs et aux Clash, entres autres.

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