Festivals,  Paris Surf & Skateboard Film Festival

PSSFF #3 : En eaux calmes

Après quatre jours intensifs entre swell et tricks de qualité, le Paris Surf & Skateboard Film Festival a clôt sa sixième édition dimanche soir. Notre rédactrice Camille Griner revient sur les dernières vingt-quatre heures du festival et les visionnages des derniers films en compétition.

Par miracle, je suis arrivée à l’Entrepôt cinq minutes avant la pluie diluvienne (évincée ceci dit rapidement par le soleil). La deuxième séance de courts métrages en compétition ouvre le bal de cette dernière journée. Un programme que je n’ai pas vu sur place, mais de chez moi il y a une semaine, exception faite de Nocturnal Journey de Mats Christian Rude Halvorsen, pour lequel j’ai raté le coche. Je ne pourrai donc pas en parler, à mon grand dam, d’autant qu’il a apparemment suscité de vifs retours auprès de l’équipe du festival. Il va donc falloir s’armer de patience pour le découvrir à une autre occasion. Le programme commence avec Trou Noir de Tristan Aymon. Un buddy movie suisse aux influences très Dolan-iennes qui relate la rencontre entre le jeune skateur Vincent et un animal vulnérable au fond d’un trou. Si l’atmosphère visuelle est tout à fait douce et les cadres maîtrisés, Trou Noir pêche par son jeu d’acteurs parfois caricatural – qui m’a malheureusement sorti du film à plusieurs reprises – et son scénario qui mériterait d’être approfondi pour en déceler véritablement les enjeux. Je me suis ensuite laissée embarquer, et largement attendrir, par un petit autiste Asperger de dix ans, Charlie Clay, et ses péripéties lors d’un camp d’été. Alors qu’il se sent parfois mis de côté et mal à l’aise en sports d’équipe, le jeune garçon s’est trouvé deux passions : le surf et la danse. Filmé au plus proche de son protagoniste, Charlie Surfer dresse le portrait touchant d’un enfant diagnostiqué « différent » qui réussit en persévérant à se mettre debout sur sa planche pour la première fois, sous les yeux attendris de sa famille et des spectateurs. Dix-huit minutes de fraîcheur dont on ressort avec un large sourire. Le dernier court métrage en lice nous vient du Danemark et se nomme Maybe One Day. Un film dont on ressent les températures glaciales et dans lequel la photojournaliste Angelina Owino filme sa lutte quotidienne dans les vagues de Klitmøller, ville où le surf est au centre de toutes les préoccupations. Souhaitant à tout prix faire partie de cette communauté, Angelina brave l’Océan chaque jour en tentant désespérément de dompter la houle. Un autoportrait à contre-courant qui force notre empathie, mais qu’on aurait aimé plus long afin de véritablement s’attacher à son personnage, pourtant plein de potentiel.

Maybe One Day © D. R.

La suite de la compétition continue avec la première française de A Life Of Endless Summers : The Bruce Brown Story. Un documentaire retraçant le parcours du réalisateur et surfeur californien Bruce Brown, à qui l’on doit de nombreux films de surf cultes des années 1960. Réalisé par son fils Dana Brown, A Life Of Endless Summers revient sur l’histoire et les rencontres autour du film à petit budget de son paternel, le mythique Endless Summers. Accompagné de sa sœur et de son frère, Dana emmène son vieux père (et son chien fou) sur les routes pour faire un dernier coucou à tous ses amis surfeurs. Un tour des côtes américaines émouvant qui crée, au fil des retrouvailles, une véritable ode à l’amour et à l’amitié. À coups de vannes et de moments plein d’émotions, ce documentaire hommage prolonge la douceur estivale, et donne envie d’appeler des camarades pas vus depuis (trop) longtemps. Le PSSFF clôture sa compétition avec Je m’appelle Bagdad de Caru Alves de Souza, que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ici. Cette fresque féminine pleine d’espoir, sous l’ère Bolsonaro, est désormais visible en salles. L’annonce du palmarès se fait dans un contexte électrique tant il est compliqué de départager des films de cette qualité. Après une longue délibération, le verdict tombe. Dans la catégorie Skateboard, les Prix du Long et du Court Métrage sont attribués respectivement à Je M’appelle Bagdad et Trou Noir, tandis que Bangla Surf Girls (yeaaah !) et Charlie Surfer (double yeaaah !) l’emportent dans la catégorie Surf. Je suis en tout cas ravie d’avoir participé à cette nouvelle édition du Paris Surf & Skateboard Film Festival, et vous assure que je serai à nouveau dans la place en 2022. 

Crédits Photo : Charlie Surfer © D. R.

Camille écrit et réalise des courts métrages, et officie en tant que directrice de casting sur de nombreux projets. Après un passage chez Studio Ciné Live, Clap! Mag & Boum! Bang!, elle est rédactrice chez Les Écrans Terribles depuis 2018.

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